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Vol automobile - Portrait

Comment vole-t-on un véhicule?

Règle générale, le vol d'un véhicule par un réseau organisé se fait de la manière suivante :

  1. Dans la plupart des cas, le voleur aura reçu une commande d'un réseau pour un modèle particulier. Le voleur repère un véhicule, très souvent dans un stationnement (centres commerciaux, aéroports, etc.).


  2. Pour un voleur expérimenté, le vol prendra entre trente secondes et trois minutes, dépendamment de la présence ou non d'un système de protection sur le véhicule.


Qu'advient-il du véhicule une fois volé?

Le véhicule volé par un réseau connaîtra un des trois destins suivants : le découpage, l'exportation ou le clonage/maquillage du véhicule.



Le découpage

Le but du découpage des véhicules est d'approvisionner le marché illicite en pièces recyclées. Le véhicule volé est apporté dans un atelier clandestin de découpage (chop shop) où il est complètement ou partiellement démantelé. Les pièces sont ensuite vendues sur le marché illicite des pièces recyclées tant au Québec qu'à l'étranger.

Le marché illicite des pièces recyclées fonctionne, comme tout marché économique, sur la base de l'offre et de la demande. Généralement, les véhicules les plus menacés d'être volés afin d'être découpés sont ceux dont les modèles sont les plus vendus car la demande pour des pièces recyclées pour ce genre de véhicule augmente.



L'exportation

Dans certaines régions du monde, la demande pour des véhicules haut de gamme volés provenant d'Amérique du Nord ne cesse d'augmenter.

Le Québec, tout comme l'Ontario, est un emplacement stratégique pour l'exportation illicite des véhicules volés. Montréal et Toronto sont toutes deux situées à proximité de la frontière américaine et des grandes voies de navigation maritime, ce qui facilite le travail des réseaux de voleurs exportateurs.

Selon la Division des services d'enquête du Bureau d'assurance du Canada (BAC), les véhicules volés sont principalement exportés vers l'Europe de l'Est, la Russie, le Moyen-Orient, l'Amérique du Sud, l'Afrique, les Caraïbes et l'Asie du Sud-Est, où ils sont vendus avec un très grand profit. Un véhicule de type Jeep Grand Cherokee peut fournir à un réseau un profit de 97 000 $.

Les véhicules les plus à risque pour ce type de vol sont les véhicules de luxe et les utilitaires sport récents.



« Maquillage » et « clonage »

Un réseau de voleurs se procure, d'une part, un véhicule gravement accidenté (VGA) sur le marché légal et vole, d'autre part, un véhicule dont les caractéristiques sont similaires à celles du VGA en question. Les voleurs transfèrent ensuite sur le véhicule volé le numéro d'identification de véhicule (NIV) du VGA, donnant ainsi au véhicule volé l'identité du VGA. Cette opération est appelée « maquillage » d'un véhicule volé.

Le « clonage », quant à lui, diffère quelque peu du « maquillage ». Un NIV est prélevé sur un véhicule stationné. Les voleurs utilisent ces informations sur un véhicule identique mais volé et font immatriculer le véhicule « cloné » dans une autre province.

Dans les deux cas, les véhicules sont vendus à des acheteurs de bonne foi. Comme pour l'exportation, le « maquillage » et le « clonage » de véhicule sont une source de profit important : pour reprendre l'exemple du Jeep Grand Cherokee volé, le réseau pourra réaliser des profits atteignant 40 000 $.

Tous les types de véhicules peuvent être volés afin d'être « maquillés » ou « clonés » mais généralement, les voleurs préfèrent les véhicules les plus récents en raison de leur meilleure valeur de revente.



Les conséquences du vol automobile

En quoi le vol automobile touche-t-il les assurés du Québec?

D'abord, l'assuré québécois est touché en tant que citoyen. Les coûts du vol automobile au Canada et au Québec sont élevés. En 2000, le BAC a commandé une étude sur les coûts sociaux du vol automobile au Canada qui s'élèvent à 851,7 millions de dollars pour 1998. Ces coûts comprennent les indemnités versées par les assureurs (600 millions), les soins de santé (129 millions), les coûts de fonctionnement de l'appareil judiciaire (85 millions) et les coûts liés au travail des corps policiers (37 millions). Le Québec, à lui seul, assume 48,8 % de la facture canadienne avec des coûts sociaux évalués à 415,6 millions de dollars (Standard & Poor's).

De plus, le vol automobile est une partie intégrante du crime organisé au même titre que le trafic de drogue, le blanchiment d'argent, le trafic d'armes et la prostitution. Selon Statistique Canada, 60 % des organisations criminelles au Canada sont impliquées dans le vol automobile.

Les jeunes sont une cible de choix pour les organisations qui les utilisent pour commettre ce méfait. Selon le ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP), le tiers (33,5 %) des personnes mises en accusation pour vol automobile en 2005 étaient âgées de moins 18 ans.

Quant aux Québécois, ils sont aussi touchés en tant que consommateurs lorsqu'il est question de prime d'assurance automobile. En 2006, les assureurs ont versé des indemnités pour le vol de véhicules de l'ordre de 300 millions de dollars au Québec seulement. Afin de couvrir les indemnités versées pour vol, les assureurs doivent consacrer 10 % de la prime d'assurance automobile de leurs assurés, qu'ils aient été victimes d'un vol ou non. Ainsi, si la prime d'un assuré est de 1 000 $, c'est
100 $ de celle-ci qui serviront à payer les indemnités versées pour le vol automobile.



Le vol auto en chiffres

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